On y est ! La saison Enduro World Series touche à sa fin. Le septième et avant dernier round de la saison a lieu ce week-end des 17 et 18 septembre aux Portes du Mercantour. L’étape française du circuit mondial, qui ne renie pas ses origines : celles qu’elle a en commun avec le développement historique de la pratique, et quelques uns des tracés les plus fameux du secteur. L’EWS Portes du Mercantour est en marche…

 

 

valberg-carteLe Spot – Valberg / Guillaumes, les Portes du Mercantour

Pour cette édition, le paddock prend place au pied des pistes de la station de Valberg. L’endroit se situe à 1h30 de route de Nice, et son aéroport international. La route Napoléon puis quelques traverses permettent de se hisser ici : une hauteur vallonnée, perchée à 1600m d’altitude entres les vallées de la Tinée – à l’Est – et du Var – à l’Ouest.

D’ici, la vue est d’ailleurs imprenable sur les sommets alentours, dépourvus de végétation, autres que les pâtures d’estive dont les troupeaux raffolent. Il faut donc descendre plus bas, au fond de la vallée du Var, vers Guillaumes, pour trouver toute la diversité des lieux…

Et trouver toutes les pépites qui font la renommée du secteur. Les terres rouges de Daluis, et surtout, les marnes grises tant attendues. Quelques barres rocheuses rappellent celles des contreforts alpins plus au Sud. De quoi faire de ce périmètre un carrefour dense et représentatif du Parc Pational du Mercantour, quelques kilomètres plus au Nord. Valberg et Guillaume sont d’ailleurs dans l’aire d’adhésion du parc.

 

 

Stage 3, obscurred from viewLes conditions météo

Il n’est donc pas étonnant d’y trouver les conditions météo propres aux Alpes du Sud. Aux portes de l’Automne, après un été particulièrement sec, à quitte ou double. L’endroit peut offrir les meilleurs conditions, comme les pires.

Ce week-end, l’eau et le froid (8° à Valberg ce vendredi) ont décidé de faire leur apparition aux Portes du Mercantour. Les reconnaissances du mercredi se sont déroulées sur terrain relativement sec… Mais la pluie est tombée drue dans la nuit précédent jeudi, et encore ce vendredi matin.

Les prévisions météo confirment la chute des températures et la continuité des précipitations pour la suite du week-end. Cette EWS Portes du Mercantour se déroulera donc sur terrain gras. Une facteur qui n’est pas sans rendre la tâche plus ardue que jamais…

 

 

The dirt was at least predictable straight after the rainSage décision

Pour la bonne et simple raison qu’Oliver Giordanengo et toute l’équipe (familiale) qui l’entoure entendent bien donner à cette manche toute l’ampleur et la difficulté que l’on peut prêter à une Coupe du Monde d’Enduro. Longue, naturelle, sauvage… Redoutable !

Sur le papier, cette édition devait donc compter sur 69km / 2390m de D+ / 3240m de D- le samedi, 35km / 800m de D+ / 2000m de D- le dimanche. Le tout réparti sur 4 spéciales par jour de course. Mais pour l’heure, les conditions météo annoncées pour la journée de samedi ne sont pas favorables. Pluie et froid risquent de peser sur les organismes, une bonne partie de la journée.

Plenty of evidence of slipping!

Raison pour laquelle, le programme est adapté aux conditions difficiles. Après une matinée de reconnaissance boueuse ce vendredi, les organismes et le matériel ont droit à une pause régénératrice. Le prologue prévu dans la soirée n’a pas lieu.

Dans la même logique, le programme dantesque du samedi est réduit. Les 15km de liaison, 790m de D+ et 4,3km de la spéciale 2 ne seront pas empruntés… Restent tout de même 51km, 1600m de D+ et 2500m de D- à avaler.

 

 

Nearing the summitCe samedi

Ce samedi, les pilotes s’élancent donc de Valberg, pour plonger sur Guillaumes, en fond de vallée du Var. 11min de spéciale qui ne laissent pas le temps à la réflexion. Épingles, relances, mouvements de terrain se succèdent sur 620m de D-.

carte-a3_samedi

Puis, direction le pas de Trotte, perché à 2100m d’altitude. 1300m de D+ à avaler en un peu plus de trois heures de temps. Le temps de passer en revue toutes les strates, du fond de vallée aux hauts alpages, en passant par les terres grises, les gorges et les derniers hameaux avant la haute montagne.

Jared Graves races ahead of the weather front down stage 3. This section of the course isn't fully taped, riders must make gates.

De là-haut, 15min, 7km et 1100m de D- attendent les pilotes pour le morceau de bravoure du week-end. Départ dans les rochers. Première ligne de crêtes en schiste. Pédalage à flanc de pâture pour chercher le col qui amène au sous bois résineux entrecoupé de chicane casse vitesse. Quelques nouvelles terres grises. Des épingles avec vue sur la vallée, et une fin magistralement fluide au coeur d’un nouveau massif de sapins qui sent bon la fin.

Pierre Charles George tries some alternate lines in the grey earth gulleys

Un run d’anthologie avant de finir la journée sur les emblématiques terres grises et leur profil de montagnes russes très particulières. Plus qu’un long discours, quelques belles images signées Yoann Barelli pour en juger…

Vidéo à (re)voir dans Enduro TV : http://www.endurotribe.com/2016/09/video-ews-de-valberg-2016-yoann-barelli-se-regale-dans-les-terres-grises/

The bendy trees here are phenomenalCe dimanche

Sur le papier, la journée de dimanche pourrait paraitre plus tranquille que la précédente : télésièges, distances et dénivelés moindres… Pour autant, elle reste copieuse à plus d’un titre.

carte_a3_dimanche

Elle débute notamment par une liaison à la pédale pour atteindre le sommet de la spéciale 5 : 2,7km de flow sur les trails qui descendent sous le télésiège emprunté plus tard… Et quelques passages “world cup level” qui promettent une bonne dose d’engagement le moment venu.

There won't be too much time to take in the views come race day!

La journée se poursuit par une longue liaison en direction de la spéciale 6. Nouvelle incursion en haute montagne, sorti du confort de la station et du Paddock. Et trace 100% naturelle en direction des abords de Beuil. Trace de muletier, parfois pavée de bonnes intentions, et de certaines opportunité de trajectoires favorables à l’inspiration de certains.

Retour ensuite au sein de la station, pour emprunter le télésiège, et une trace soeur de la spéciale 5, mais fraichement tracée cette fois-ci. Un terrain qui ne manque pas d’évoluer au cours du temps… D’autant que le temps joue en faveur de quelques appuis, ornières et racines…

There are plenty of fresh sections taped into all the stages

Passé ça, il ne reste “que” la petite spéciale 8, tracée directement sur les hauteurs du paddock. Un tracé court et sinueux au milieu des sapins, qui réserve encore quelques choix de trajectoires et de pente qui, peuvent compter. Non pas pour faire la différence, mais peut-être pour susciter un énième rebondissement…

 

 

The view of Valberg was revealed after the cloud lifted from the storm the night beforeSentiments du moment

Pour le coup, le programme et le parcours sont donc plébiscités par les pilotes. Nombre de ceux qui s’expriment à ce sujet saluent l’effort et l’idée de proposer une compétition aussi relevée. Un tracé qui exploite pleinement le potentiel et les possibilités du secteur. Une Coupe du Monde en somme.

En tout cas, le terrain pour que la bataille fasse rage et se joue au plus valeureux. Autant dire que les reconnaissances livrent déjà quelques éléments de réponse à ce sujet. Entre ceux qui se prêtent au jeu des passages à outrance, et ceux qui économisent leur énergie. Un petit jeu d’influence s’installe d’ailleurs à ce sujet.

Certains jouent à cache cache avec la pluie, quite à retarder leur départ dans la journée. D’autres s’interrogent sur le bien fonder d’aller plusieurs fois au sommet de la spéciale 3, tant la liaison peut coûter. Tous s’interrogent sur les choix pneumatiques.

Pour tenir quelque chose, “double mud” était dans toutes les bouches ce vendredi matin. Reste que la donne pourrait être différente au moment de négocier ce fameux samedi, et sa redoutable liaison. Pas de doute : les crampons ont eux aussi un rôle à jouer ce week-end…

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