Sam Hill en tête, une seconde et demie devant Nicolas Vouilloz… Les résultats de la première journée de cette EWS Portes du Mercantour promettaient une bataille des légendes. Elle a bien eu lieu, et a tourné à l’avantage de l’Australien, lui qui vient tout juste de confirmer qu’il ferait l’ensemble du circuit l’an prochain…

Photos : Enduro World Series & Endurotribe

 

Series leader Michael Broderick finds himself in 4th in the French mountainsÀ couteaux tirés

Plus que jamais cette saison, la bataille a fait rage entre les meilleurs pilotes mondiaux ce week-end aux Portes du Mercantour. Cette seconde journée de course est là pour en témoigner. 4 spéciales, et autant de vainqueur de spéciales différents.

Martin Maes sur l’humidité matinale, Richie Rude pour le run le plus long du jour, Sam Hill, qui devait bien en claquer une, et Florian Nicolaï, pour finir en beauté devant son public. Autant de prouesses qui n’ont pas pour autant effacé le duel que tout le monde a pu observer…

 

 

et-ewsmercantour-2Duel de légendes…

À eux deux, Nicolas Vouilloz et Sam Hill comptent 15 titres de Champions du Monde de Descente, juniors et élites confondus. Dix à la faveur du Français, 5 à celle de l’Australien. Deux pilotes qui ont marqué leur ère au sein de ce sport phare, cousin de l’Enduro…

Et dont les chemins se croisent une fois de plus, à un moment certainement charnière. À quarante ans passés, Nicolas Vouilloz rend 9 années à Sam Hill, à qui une nouvelle carrière en Enduro tend les bras. Une fois de plus, l’un pourrait donc succéder à l’autre… Et de la plus belle des manière : ne dit-on pas que pour avoir un grand vainqueur, il lui faut un grand second ?!

 

 

Sam Hill, the people's favourite from downhill leads after day 1. There are many people out there who would love to see the aussie take it tomorrow…Et course dans la course

C’est donc sur ce duel particulier que les regards se sont focalisés. Et d’entrée de jeu, il a tourné à l’avantage de Sam Hill sur la rosée du matin. La Spéciale 5, lessivée par les reconnaissances pluvieuses de vendredi, était un champ de bataille idéal pour l’Australien aux pédales plates.

Pas forcément impressionnant, mais diablement posé et réactif sur ces pâtures et traces terreuses, truffées de racines parfois traitres. Déjà 3s dans l’escarcelle de Sam Hill, que seul un funambule Martin Maes a su devancer de 4,5s.

D’autant plus impressionnant si l’on en juge par les choix pneumatiques effectués. Deux muds idéaux pour Nicolas Vouilloz, un Mavic Claw Pro et un Charger pour Sam Hill. Comme quoi, la polyvalence et la simplicité ont parfois du bon. De quoi s’éviter, comme certains autres tops pilotes, d’aller inspecter la spéciale de bon matin, pour confirmer le choix de pneus.

 

 

Nico Vouilloz had a lot of crashes today but that hasn't stopped him working his way to 2ndIrrémédiable domination

Passage au paddock sur le chemin de la spéciale 6. L’occasion donc, pour certains, d’effectuer un nouvel ajustement dans le choix des pneus… Mais à nouveau, la domination tranquille de Sam Hill qui saute au yeux. Troisième temps de la SP6, à 3s de Richie Rude, 2,5s devant Nicolas Vouilloz, 6ème.

Pour autant, la course ne semble pas jouée lorsque l’on prend connaissance des résultats de la Spéciale 7. Très typée Enduro à nouveau : particulièrement étroite et fraîchement tracée dans les forêts de mélèzes de Valberg. Et si Nicolas Vouilloz déclare à l’arrivée qu’il s’agit d’un tracé pour Sam Hill, il ne croit pas être en si bonne posture. À peine une demi-seconde concédée à son concurrent direct, en haut du classement.

De quoi laisser planer le doute, et donner à la compétition son importance jusqu’au bout. Après tout, si les deux hommes sont encore capables de faire jeu égal si proche de la fin, pourquoi ne pas vivre un revirement de situation. Seules 7s séparent les deux hommes à l’abord du dernier run.

Un écart à la fois trop important à combler à la régulière, sur 2min20s de course. Mais tout juste suffisant pour connaitre un revirement de situation en cas de défaillance. Mais on connait l’assurance et la confiance de Sam Hill.

En totale maitrise, et malgrès l’ovation reçue par Nicolas Vouilloz dans les derniers mètres, l’Australien remporte bel et bien sa première Enduro World Series devant le Français, et le très en verve canadien Jesse Melamed, régulièrement vu à l’attaque et à l’aise dans la pente sur les spéciales de ce week-end particulièrement difficile.

 

 

et-ewsmercantour-4Sam hill annonce la couleur !

Quel meilleur message pouvait-il faire passer ?! Depuis le début de saison, Sam Hill était passé à côté à plusieurs reprises. Wicklow, Irlande et La Thuile, Italie. Par deux fois, on pouvait penser que les lieux l’avantageaient. Le faible dénivelé et la nervosité irlandaise. La pente et l’engagement d’Italie.

Cette fois-ci, Sam Hill n’a pas tremblé, peut-être au meilleur endroit pour lui. Sur l’étape la plus sauvage, naturelle, exigeante et proche des origines de la pratique. Sam Hill s’offre tout bonnement l’Enduro des Portes du Mercantour, un monument de la saison Enduro française.

L’Australien annonce donc la couleur de la manière la plus crédible possible. Il l’a dit, dans toute sa retenue habituelle, mais il faudra bien compter sur lui à l’avenir. Il le démontre au plus proche des racines de la discipline. Voilà qui promet !

 

 

A rear tire change for Richie Rude who isn't quite where you expect him to be in the resultsEn parlant d’avenir…

Que reste-t-il aux autres en cette fin de saison ? La bataille pour le général en premier lieu. Richie Rude n’a pas toujours semblé au mieux ce week-end. Pourtant, le champion américain a su se ressaisir et faire le job nécessaire sur cette seconde journée de course.

En terminant dans le top 10 devant ses deux principaux concurrents, Richie Rude sécurise un peu plus son avance, mais n’a pas, mathématiquement, encore remporté le titre. Avec moins de 500 points attribué à la victoire sur Damien Oton, le pilote Yeti devra, comme l’an dernier, assurer quelques points à Finale pour être titré : 60 pour être exact, soit le bénéfice de la 47ème place…

Jerome Clementz was 2nd after the first stage but then had a big crash that put him back into 10th by the end of the day. There's still plenty of time to be had tomorrow though

Ses deux poursuivants n’en démordront pas. Une nouvelle fois, Damien Oton et Jérôme Clementz se sont livrés bataille… Et cette fois-ci, elle à tourné à l’avantage de l’Alsacien : 11ème, il reprend 20 points sur ses 140 de retard.

À propos d’avenir, celui de la catégorie U21 semble aussi radieux que serré. Une fois de plus, Adrien Dailly et Sébastien Claquin se sont livrés bataille. Et une fois de plus, le pilote Lapierre a repris du terrain au pilote Rocky Mountain.

Il a pourtant été chassé toute la seconde journée par le Marseillais qui n’est jamais aussi dangereux que dans la position du chasseur. Voilà les deux à égalité de points au moment d’aborder la finale !

 

 

Cecile Ravanel attacked hard on the 2nd and 3rd stage of the day, here she has 1100m of descent ahead of her over which she managed to reclaim the lead from IsabeauRavanel remporte le titre

On garde la meilleure pour la fin, ou plutôt les meilleures : Isabeau Courdurier et Cécile Ravanel ont une nouvelle fois clairement dominé la compétition féminine. Et si de prime abord, cette information peut paraitre rébarbative, suivre la course de près permet de constater à quel point l’étau se resserre.

Archi dominatrice en début de saison, Cécile Ravanel voit Isabeau Courdurier la concurrencer de plus en plus. Désormais, la moindre erreur ou presque de Cécile est sanctionnée par une victoire de spéciale d’Isabeau. Parfois même, à la régulière, la pilote Sunn se paie le luxe de devancer la pilote Commençal.

Si l’ordre est donc toujours logique au final, il pourrait bien, d’ici quelques temps, s’inverser. Tant mieux pour le spectacle, le sport et la discipline féminine qui a besoin de rendre le spectacle attrayant.

En attendant, cette nouvelle victoire est synonyme de titre pour Cécile Ravanel : 420 points d’avance, pour 400 points dédiés à la victoire, elle ne peut plus être rejoint. Hâte de voir ce que ce calcul aura comme impact à Finale, pour la dernière de la saison : All-in ?! 

The french peloton set off on the climb to stage 3 with Francois Bailly-Maitre bring up the rear. After a slow start to the day two top 10 results on stages 3 and 4 he finished up 9th

Voilà donc la 12ème édition de l’Enduro des Portes du Mercantour qui livre son verdict. Celui d’une ligne d’histoire qui s’écrit entre deux légendes. Que souhaiter de mieux à cet événement organisé de main de maitre par l’équipe d’Olivier Giordanengo depuis tant de temps. Un duel de légende et une beauté sportive de premier plan, la meilleure des manières d’illustrer ce que certains s’accordent à qualifier d’une des toutes meilleures étapes Enduro World Series jusqu’à présent…

Et dire qu’en la matière, la prochaine n’a rien à envier dans ce domaine… Vivement Finale !

 

Résultats complets : http://www.enduroworldseries.com/wp-content/uploads/2016/03/EWS-Portes-du-Mercantour-Driven-by-Urge-OVERALL-cat.pdf

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