Propulsé dans un univers aussi lointain qu’inconnu et radicalement nouveau pour moi, Européen, le Japon doit se découvrir pas à pas. Arrivé à Osaka je me dirige rapidement à Kyoto, ville dans laquelle je passerai quelques jours à visiter et sentir cet univers Japonais.

Impossible de brûler les étapes, le simple distributeur de ticket dans le métro vous rappelle tout de suite que sans un intérêt particulier pour lui et une véritable recherche linguistique autour de ce dernier, vous n’aurez pas la moindre chance de pouvoir l’emprunter !

Les heures passent, le moment de se restaurer est venu – un supermarché se trouve justement là, au coin de la rue, je tente le coup – reste à savoir quoi choisir, ou du moins comprendre pour ne pas se retrouver avec un dessert en guise de plat et un légume pour le dessert. Un pas dans le commerce et tout bascule, me voilà comme Alice au pays des merveilles, en pleine admiration pour ces produits aux emballages aussi esthétiques qu’incompréhensibles, un feu d’artifice en bouche assuré.

Je ne rêve plus, j’y suis, cette aventure sera assurément des plus intéressante. Quelle joie d’avancer sans savoir, d’apprendre de son environnement en se laissant porter…

Texte, photos et vidéo : Rodolphe Pasciuto

 

 

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15 jours au pays du soleil levant

Aujourd’hui je rencontre Isamu Hori, mon guide Ridelocalspot pour les prochains jours. Heureux. Je l’observe et j’ai déjà hâte de le suivre arpentant les montagnes et discutant avec lui de sa culture et de sa vie. Je charge mon vélo, mon sac et m’assoie dans sa voiture. Je me laisse désormais guider, nous allons à Hakuba dans la préfecture de Nagano. Je rencontrerai là-bas de belles personnes. Takashi Minamiura, snowborder professionnel, sage et humble devant sa nature. Il sera l’être le plus passionnant que j’ai rencontré lors de mes derniers voyages. Il y a également Kohei Amemiya, Naoto Kato, et Hiroshi Sato qui la semaine de ma venue ouvrira le premier magasin « Happy Trail » de vélo de montagne à Hakuba, Yachiyo Maruyama et Takayuki Jackie Takeuchi, un photographe professionnel de Kobe, nous suivra pendant deux jours pour se former aux photos de sports. Une belle équipe m’entoure, je ne serai jamais seul, les rencontres sont permanentes.

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Isamu est un passionné, un vrai rider amoureux de mountainbike. Je le vois dans ses yeux, dans ses faits et gestes, sa manière de m’approcher, de me parler de sa vie et de ses montagnes. Toute sa vie est centrée sur ce sport : plus que du simple vélo, il s’agit pour lui et sa famille d’une pratique influant sur leur mode de faire. Sa connaissance de la nature et sa croyance envers elle vont donc de paire. Nombreux sont les passionnés, puristes, amoureux de vélo et de montagne, que j’ai eu la chance de rencontrer. J’aime fondamentalement échanger avec eux, nous nous retrouvons sur de nombreux points : l’amour des saisons, les odeurs et le bruit sourd de nos roues sur ce sol de sous bois encore humide, se souvenir de cette légère et douce brume après la pluie donnant à découvrir autrement cette belle verte vous donnant l’incroyable sensation d’être vivant…

Isamu et Takashi m’ont marqué. J’ai rencontré deux personnes ouvertes sur le monde, très proches de leurs valeurs traditionnelles et culturelles et à l’écoute du monde dans lequel nous vivons.

Je voyage pour rencontrer et partager. Cette aventure sera celle qui me permettra de découvrir le plus grand nombre de vttistes ; rouler avec eux était extraordinaire, ils acceptent sans jugement, j’ai été immédiatement intégré et accepté dans cette famille. Leur joie de vivre est belle.

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Je passerai 5 jours à rouler avec Isamu, à visiter et découvrir les yeux grand ouvert – Isamu m’interpelle : au dessus de ma tête, un singe se balance – mes questions sont nombreuses, je cherche à comprendre son mode de vie, ses coutumes, son histoire. Il me parlera beaucoup de la montagne et des rapports compliqués entre randonneurs et cyclistes. Initialement mal perçus, ils font un maximum d’efforts pour redorer une ancienne image ternie par le non respect des autres et de l’environnement. Cela prend du temps mais vu leur détermination, ils y arriveront, c’est certain. J’ai rouler sur de nombreux spots, d’ Hakuba à Nagano en passant par la route du sel et autour de Matsumoto – par endroit les cicatrices du dernier tremblement de terre sont encore présentes, les chemins sont éventrés, les arbres couchés, certains ponts effondrés.

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Toutes sortes de terrains s’ouvrent à moi, du half pipe et pump track naturels à la descente interminable au sol si souple laissant ce bruit sourd et apaisant sur son passage… La qualité des trails est sensationnelle. Seul bémol, l’absence de cartes détaillées rend la progression difficile en autonomie. De plus, les nombreuses interdictions et l’incompréhension de la langue obligent à se faire guider pour évoluer tranquillement. Les Alpes Japonaises ne sont pas le terrain de jeux le plus facile du Mountainbike. En été, les alpinistes et randonneurs les arpentent et refusent encore l’accès au vélo. Il faut donc rester en moyenne montagne où l’on trouve les « secrets spots », ou attendre septembre/octobre – aux premières neiges – pour retrouver les sommets. Les randonneurs n’y sont plus et laissent ainsi la place à quelques jours de vélo.

Ces quinze jours auront été complets et surtout enrichissants. Je retiendrai d’eux une grande sagesse et un respect immense de leur environnement. Comme me l’a expliqué Takashi, lorsque en hiver il prend de gros risques freeride, il remercie avant tout la montagne de l’avoir laissé glisser sur son dos, son niveau technique passe bien après. C’est en restant simple et humble que nous pouvons faire de belles choses, et peu importe ses croyances, devant la nature l’humilité est indispensable. Merci à Isamu et sa famille pour leur accueil, à ses amis avec qui j’ai tant ri et échangé. Encore une belle aventure et de nouveaux amis à l’autre bout du globe !

Rodolphe

 

Mon périple en Vidéo – Happy Trails in Japan

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