L’Instantané #7 – Sébastien Raymond

Le monde est petit… Mais qui l’anime ? En pleine lumière ou tapis dans l’ombre, certains font l’actualités. Pourquoi ? Comment ? Tandis qu’une nouvelle en chasse une autre, L’instantané d’Endurotribe, fige le temps : séquence introspection, pour saisir qui est aux manettes et nous inspire…


 

L’Instantané #7 – Sébastien Raymond

Ce mois-ci, rendez-vous quelque part entre le parc du Pilat et la Californie. C’est ici et là, entre mesure et décadence, que Sébastien Raymond occupe un poste rare pour un Français du milieu : Directeur Marketing Global, pour SixSixOne. Une situation et un rôle atypique pour ce loquace de nature qui rencontre, observe, décide et influe dans l’ombre de certains grands. Un rôle d’écoute et d’analyse qui sied à merveille aux valeurs et au rythme du bonhomme. une tranche d’inspiration pleine de naturel, d’authenticité et de simplicité. Et c’est bien là l’essentiel, en quelques sortes…

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En ce moment même, où es-tu ?

Je suis chez moi, dans mon bureau, au coeur du parc du Pilat. Je travaille beaucoup d’ici. Les bureaux de SixSixOne sont à San Clemente, en Californie. J’y vais tous les mois et demie environ. Le reste du temps, je suis sur les événements, ou ici. Là, ça faisait 11 jours que je n’étais pas rentré. J’y suis de nouveau, avec plaisir. Je me suis fait un bureau en haut de la maison, avec une vue tranquille. C’est sympa !

 

La dernière chose que tu as fait avant de nous rejoindre ?

On est mercredi après-midi, mes enfants ne vont pas à l’école. J’ai mangé avec eux dehors parce qu’il fait beau ! Le plus petit est parti faire la sieste parce qu’il veut faire du vélo en fin de journée, et les deux plus grands se sont mis à faire leurs devoirs. Je les ai aidé, puis je suis revenu ici m’installer pour bosser un peu.

Ce matin, j’ai eu plusieurs réunions au téléphone, dont une avec le photographe qui a travaillé pour nous et nos pilotes la semaine dernière. Mais pour le coup, la véritable dernière chose que j’ai fait avant cet interview est d’avoir regardé comment écrire le mot “longtemps” ! (rires)

 

En trois mots, tu es un..?

Wow ! (silence) Je suis un… réaliste ! on me l’a souvent dit. Ça ne m’empêche pas d’être optimiste aussi..! Et je dirais exigeant, avec moi-même, et avec les gens.

Un bon profil pour travailler avec des Américains ?

(Éclat de rires) Ça fait 17 ans que je bosse dans le vélo. J’ai toujours bossé pour des boites américaines. Les Américains ont une autre approche du travail en général. Je suis quelqu’un de très réaliste : j’analyse les choses en voyant tout de suite comment on peut ou non les faire.

Les Américains n’ont pas de limite ! Il ne travaillent pas avec des bornes en tête. Je pense que ça vient de la culture européenne et française : avant d’attaquer des projets, on se pose des bornes. On sait qu’il va y avoir telle ou telle limite, qu’on ne pourra pas franchir. Eux non.

Au début, ce n’est pas forcément évident de travailler ensemble. Mais au bout d’un certain temps, c’est hyper complémentaire. Eux ont parfois besoin qu’on les ramène à la réalité. Nous, qu’on nous incite à oser certaines choses. Les deux apportent un bon tempo.

Où vis-tu ? Tu as l’air attaché à cet endroit…

Carrément ! Moi, je vis dans le parc du Pilat. C’est paumé à une heure de Lyon, Saint-Etienne et la vallée du Rhône. C’est un Parc Naturel Régional que peu de monde connait. Quand tu en parles, on te dit toujours “ah oui, la dune ?!” (rires)

J’y ai fait travailler Ale Di Lullo, le photographe. Il venait de passer trois semaines à Whistler pour essayer de shooter dans de grands arbres avec du brouillard. Il n’avait pas réussi. Il est venu ici… Et il a eu ce qu’il voulait ! (rire)

Tous les gens qui viennent sont surpris. C’est un endroit qui vit, mais qui est très peu fréquenté. C’est du tourisme de proximité. En un sens c’est génial pour nous : il n’y a personne ! Les gens que je croise dans les bois, je les connais tous. Pour rouler, courir en trail, faire du ski de fond l’hiver, c’est génial.

J’y suis attaché. Je suis né ici. Claudia, ma femme, aussi. Pour des gens qui aiment la nature et le sport comme nous, c’est un endroit fantastique.

Tu roules dans le Pilat donc… D’autres endroits que tu apprécies ?

Cette année, je ne pourrais pas la faire, mais j’adore participer à la Mountain Of Hell avec mes potes. C’est la tradition : chaque année, on va aux Deux Alpes, rouler un bon coup.

J’adore rouler aux Portes du Soleil. Même si mon passage là-bas, cette année, a été très humide.
Pendant plusieurs années, les présentations Cannondale étaient organisées à Park City, dans l’Utah. C’est très haut en altitude. Ça surprend un peu au début, mais c’est magnifique.

La Californie aussi, à côté des bureaux SixSixOne… Mais ce n’est pas la même approche du VTT. J’aime quand tu as des arbres, des racines. En Californie, ça ressemble plus à du BMX longue distance : tous les trails sont fait avec des sauts, des virages relevés…

Et puis Whistler, j’ai adoré… Mais je dois être la seule personne à ne pas avoir roulé le park, seulement les trails de la vallée. Il faudra que j’y retourne pour rouler dans le bike-park…

Après, il y a plein d’endroit où je n’ai roulé qu’une fois, et où j’aimerais retourner. Je préfère rouler plusieurs fois les chemins, pour m’y habituer et vraiment en tirer le maximum. Il y a des endroits comme ça… Les traces de Biivouac par exemple, où on aimerait bien retourner… Mais ça fait déjà deux ans et on n’est toujours pas ressorti du Pilat ! (rires)

Donc plutôt seul, ou accompagné ?

J’ai des horaires spécifiques. Le matin, j’attaque à bosser avec les personnes en Europe. Le soir, comme il y a 9h de décalage avec la Californie, je bosse jusqu’à une heure ou deux heure du matin. Du coup, je prends ma pause en début d’après-midi. Quand c’est comme ça, en semaine, plutôt seul, ou avec mon voisin qui a des horaires particuliers aussi. Et le week-end, à plusieurs !

J’aime bien rouler seul. Dans les côtes, je ne fais que penser, penser, penser : au boulot, à ce qu’il faut faire. Après, en descente, comme il faut être concentré, c’est mieux, ça change ! (rires) À plusieurs, les personnes avec qui je roule vont vraiment fort. Ça m’oblige à me dépasser. C’est sympa aussi.

 

Comment gagnes-tu ta vie ?

Mon poste officiel est “directeur marketing global pour la marque SixSixOne.” Ça englobe un peu tout, parce que le marketing permet d’intégrer un peu ce que tu veux.

J’ai plusieurs missions. la numéro 1 consiste à s’assurer que la marque soit bien représentée. Ça porte sur les produits, la communication, le sport marketing et la vente.

Je suis le directeur : je donne la direction, mais je ne suis pas un tyran. C’est collégiale. On n’est pas nombreux chez SixSixOne, on peut facilement se caler et avancer.

Je bosse avec des directeurs artistiques, au niveau de l’image, de la charte graphique, couleur, le ton donné à la marque.

Je travaille aussi avec les chefs produits pour décider des éléments à intégrer à la gamme. On travaille toujours à l’avance. trois ans en principe. On définit quels segments on développe, on renouvelle, on modifie. Ce que l’on apporte de nouveau. La longueur de vie accordée au produit…

Puis beaucoup avec les ventes et les responsables commerciaux pour savoir comment on positionne les produits, quel type de réseau de distribution nous convient…

Et la partie sport marketing, qui est super sympa mais qui prend beaucoup de temps : toute la gestion et la communication avec les teams, les pilotes… Travailler pour leur image, le développement produit avec eux, leurs feedbacks.

Ce qu’il y a de bien, c’est que je fais un petit peu de tout. C’est pas mal !

Combien vaux-tu sur le marché ?

Je vaux dix sept ans d’expérience dans le milieu du vélo, à l’international, sur plusieurs marchés.
Je n’ai pas fait d’école de commerce. J’ai attaqué comme télévendeur en Hollande, chez Cannondale pendant deux ans. Au téléphone, quand les détaillants appelaient, ils tombaient sur quatre personnes… Dont moi ! C’est formateur de travailler avec les commerciaux.

Après, j’ai fait tout ce qui était comptabilité. Je n’y connaissais rien, donc j’en ai fait pas mal pour apprendre. Puis commercial sur la route pour Paris, Bretagne et Normandie. J’ai participé à l’expérience moto Cannondale avec la mise en place du réseau français avant qu’il ne s’arrête.

J’en ai profité pour récupérer le secteur Rhône-Alpe/Suisse et revenir à la maison. Puis j’ai géré les comptes France/Belgique/Suisse de la marque. Puis directeur marketing Europe Cannondale, Directeur marketing global pour GT…

Je vaux ces dix sept années, toute cette expérience là en fait…

 

Ta dernière bonne action ?

Avec mon boulot, je reçois beaucoup de produits, d’échantillons. Régulièrement, j’en donne au club de BMX et aux enfants. Des casques, des pantalons, des maillots. Ma dernière bonne action, je dirais que c’est plusieurs casques qu’on avait depuis pas mal de temps. Pour le club de BMX, que les parent des petits qui débutent n’aient pas à investir tout de suite… Surtout si le petit arrête finalement au bout de deux mois..! (rires) On a des casques sympas. Comme ça, on sait que les petits qui attaquent peuvent tomber sans s’assommer.

La prochaine ?

Je me dis toujours que je devrais passer plus de temps à aider les associations et les gens qui se bougent par ici. C’est facile de dire que je n’ai pas le temps : avec mon boulot, je ne suis pas toujours là, où alors je bosse en décalé, ce qui n’est pas forcément évident.

Je ne pense pas que ce soit les “très” bonnes actions qui rendent le monde meilleur. Pour moi, une bonne action c’est simplement d’aider comme et quand tu peux. Par exemple, je ne pouvais pas être à la fête du village, mais je suis descendu le matin pour aider à installer. C’est pas une “bonne action” en soit, mais ça aide. Ma prochaine bonne action, ce sera sur ce genre d’événement, essayer d’aider.

Claudia est plus penchée sur l’aide aux associations, donc elle le fait. Moi j’essaie de faire des choses plus proches de mes connections. J’aime bien pouvoir aider les gens et les associations qui sont proches de chez moi. Pas que les autres ne le méritent pas, mais je trouve qu’aider les gens qui sont autour a plus de sens…

 

Ton obsession du moment ?

Un truc qui me taraude un peu : je vais changer de vélo, et je me demande si j’achète un électrique !

Oh, sujet sensible ! (rires)

Oui, c’est ma grosse question en ce moment. C’est mon obsession.

C’est ta dernière découverte marquante ?

Oui ! Au début, c’était une simple curiosité. Je me suis toujours dit que bien développé, ce serait génial. Ce qui me tente ? Pas que ce soit facile, mais pouvoir rouler plus loin en peu de temps. Aujourd’hui, plutôt que d’aller rouler une heure et me mettre dans le rouge pour monter seulement la côte qui est en face, avec un vélo électrique je pourrais me mettre autant minable et monter au sommet du parc… Et faire la descente complète ! (rires)

Ça me tente aussi pour Claudia : elle cours beaucoup, mais roule un peu moins. Quand on va rouler, elle se fatigue plus vite. Elle aimerait pouvoir rouler un peu plus longtemps avec nous. Ça peut être une solution.

Si tu veux te mettre dans le rouge, tu peux toujours. Si c’est un jour où tu n’as pas trop la pêche tu peux quand même sortir. Chez moi, pour rouler il faut monter pendant une heure et demi non-stop pour faire le tour. Il y a des jours où je me dis que ça serait pas mal…

Une idée de la prochaine découverte marquante que tu pourrais faire ?

Je pense qu’on va faire pas mal de découverte cet été : on va passer deux mois en Californie pour le boulot. Je pense plutôt façon de vivre, aborder la vie là-bas de façon quotidienne. Moi j’y vais régulièrement, mais je ne reste jamais plus de dix jours sur place. Y vivre deux mois avec toute la famille ce n’est pas pareil. Je pense que c’est à ce niveau qu’on va faire des découvertes. Notre façon de vivre et d’appréhender les choses d’une manière générale.

C’est une période que vous appréhendez un peu ?

Non pas du tout. Mes enfants sont à fond. Ils pensent qu’en Californie tout le monde fait du BMX et du skate. Je leur ai expliqué que c’est plus le cas que chez nous, mais quand même pas à ce point. Pour eux ça va être génial parce qu’ils parlent déjà un peu anglais. Ils vont pouvoir le parler un peu plus.

On a pas d’appréhension. Ce n’est pas comme si on connaissait personne. On connait du monde. Il y a les gens du boulot. On connait déjà l’endroit. On y est déjà allé. La seule chose que je vais apprendre, c’est comment supporter le soleil pendant deux mois ! (rires)

Ton meilleur souvenir à vélo ? Celui qui t’a vraiment marqué…

J’en aurais plein, mais il y a truc qui m’a vraiment marqué : le fait d’aller rouler dans les chemins avec mes enfants ces dernières années. je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite. J’ai deux jumeaux – un garçon une fille – qui ont huit ans et demi, et un petit qui a quatre ans et demi. Ils roulent tous en BMX, et Colin aime vraiment le VTT.

Je ne pensais pas que, si petit, tu puisses vraiment aimer être dans les bois. Il m’a expliqué pourquoi et… La meilleure expérience que j’ai eu vient de là.

C’est assez exceptionnel. Aujourd’hui on arrive à faire une vingtaine de kilomètres et 600/700m de dénivelé ensemble. Quand ça monte trop, je le tire avec une corde et après on s’amuse.

Pouvoir passer deux heures et demi pleines avec lui. Pouvoir parler et partager, c’est bon. La première fois qu’on a fait une vraie longue sortie et que j’ai vu que ça lui plaisait… Ça reste un super souvenir.

J’ai plein de souvenirs perso, de quand j’étais petit à aujourd’hui. Découvrir des spots, des chemins, partir sur les courses de BMX…. Mais rouler avec les petits ! Maintenant Sacha et Lily roulent aussi. C’est vraiment excellent.

Ce que tu en tires ?

Je n’ai jamais eu d’approche compétition du VTT. Je n’ai jamais suivi de plan d’entrainement en vue d’une compétition. J’ai fait quelques courses, comme la Mountain Of Hell ou Biivouac, mais toujours dans un esprit tranquille. Donc pour moi, le VTT c’est ludique. Mais avec les enfants, ça l’est encore plus !

D’avoir roulé un peu partout pendant dix-sept ans, je peux parfois être exigeant, blasé… Dire d’un endroit que ce n’est pas terrible. Eux, à leurs âges, ils roulent n’importe où ! Ils s’amusent de tout. Il découvrent tout ! C’est l’approche ultra ludique du VTT. Ça a été fait pour ça à la base, et ça marche à fond avec eux. Tu leur donnes un vélo, tu vas dans les bois, ils sont heureux !

Il y a pas longtemps, je les ai emmené refaire un vieux chemin. Ils ont fait des virages, des sauts. Il pleuvait, il faisait dégueulasse. Il étaient trempés… Mais il se roulaient par terre, faisaient des passages pendant que je creusais. C’était pourri. N’importe quel adulte t’aurais dit “t’es dingue, on va pas rouler dans ces conditions”. Eux, ils s’amusaient comme des fous !

Ça me fait relativiser. Les produits et la technologie ont évolué. C’est hyper agréable de faire des sorties et des semaines entières de vélo sans rien toucher. Il y a dix ans, il fallait presque purger les freins entre chaque spéciale…

Et on peut oublier un peu ce confort dans lequel on vit. On peut être un peu blasé quand on vit dans le milieu, qu’on est habitué à essayer les dernières nouveautés. On discute souvent avec d’autres personnes de l’Industrie qui ont la même mission : le prochain, le prochain, le prochain…

Et en fait, prendre le temps de rouler avec les jeunes, qui s’éclatent avec ce qu’ils ont, sans penser à avoir 30mm de débattement en plus et 0,5° d’angle en plus, c’est rafraîchissant. Ça fait relativiser. Eux ont des semi-rigides, rien d’exceptionnel, et ils s’éclatent.

Le plaisir c’est surtout la façon d’aborder les choses, plus que le matériel que tu as pour le faire.

 

L’invention que tu apprécies le plus ?

Au risque de me répéter vis-à-vis des précédents Instantanés, je vais dire Internet ! C’est ce qui me permet d’avoir mon boulot ici, en plein parc du Pilat. Je peux travailler de chez moi. Je reçois tous mes e-mails.

Vraiment, l’Internet, la téléphonie mobile… C’est ce que j’apprécie le plus au quotidien. Ça m’apporte une qualité de vie incroyable. Je ne pourrais pas avoir ce poste là, d’ici, si Internet et la téléphonie mobile n’étaient pas là. Mon poste n’existerait alors pas en télé-travail.

Celle que tu attends avec impatience ?

Avec impatience ? (Petit silence…) J’aimerais bien avoir une machine à voyager dans le temps. Voir ce que c’était avant… Mais ça reste secondaire. Aujourd’hui, je n’ai pas de manque particulier au quotidien. J’aurais des améliorations à apporter à certains produits existants, mais rien à inventer de révolutionnaire. Pas d’invention pur et dur… Après, le jour où elle va tomber, je me dirais “putain, il est pas con celui qui a inventé ça” (rires)

 

Les personnages qui t’inspirent ?

Je n’en ai pas forcément. Il y a beaucoup de personnes avec lesquelles j’ai travaillé qui m’ont appris. Je n’avais pas un parcours scolaire qui me prédestinait à ce boulot. J’ai donc été très inspiré dans des façons de faire ou des manières d’appréhender les choses. En ayant bossé chez Cannondale notamment. Une boite qui a énormément créé et développé. Tu rencontre des ingénieurs, des personnes au marketing, des chefs produits… Tu te dis “merde, ouai, ils sont top” et ça te booste !

Après, je suis un grand fan de Calvin, dans Calvin et Hobbes, de Bill Watterson. Ce n’est pas spécialement que ça m’inspire, mais il se pose des questions que je me posais quand j’étais petit. C’est génial ! Je n’ai jamais fait de recherches particulières sur l’auteur, mais j’ai toutes les BD ici. Je me dis que c’est classe d’arriver à mettre sur papier toutes ces questions que tout le monde se pose. Sur la vie, la manière de appréhender. Tous les trucs du quotidien. Ça m’inspire de me dire qu’il y a des mecs qui arrivent à mettre ça sur papier, qui arrivent à s’exprimer simplement avec un crayon…

 

Il y a-t-il des personnalités que tu aimerais rencontrer ?

Non ! (Silence) C’est peut-être un peu dur à expliquer… (nouveau silence…) Je me dis que je n’ai rien à apporter aux bonnes personnes… Et il faudrait pouvoir passer beaucoup de temps avec eux pour profiter de ce qu’ils ont à transmettre. Donc à la limite, je ne vois pas l’intérêt de les croiser juste pour leur serrer la main.

Je suis un fan des Beastie Boys. J’ai assisté à un de leurs concerts. J’ai partagé un bon moment. Après, je ne suis pas allé en coulisse. Ça ne m’intéresse pas. À la limite, participer à quelque chose avec quelqu’un, plus que le rencontrer directement.

Par contre… Tous les… (Hésitation…) Tous les mecs qui font de mauvaises choses… J’aimerais en rencontrer pour discuter avec eux et essayer de comprendre pourquoi on peut être aussi mauvais dans la vie. Ce qui a pu se passer pour que les gens soient aussi c*** comme ça. Essayer de comprendre comment on peut être c**. Peut-être qu’il y a un remède ?! Je ne sais pas… (soupire) Comment peut-on être méchant, penser et faire des choses horribles ?!

 

Si tu devais te réincarner ?

(Silence…) J’aimerais bien me réincarner en moi, en sachant ce qui va se passer… Si je prenais d’autres décisions, voir ce que ça changerait dans le cours de ma vie !

Ce qui t’inspire au jour le jour ?

Ce qui m’inspire au jour le jour… Ne pas avoir l’impression de bosser ! Quand on bosse pour ce que l’on aime, ce sont des heures passées à faire quelque chose, mais je ne le considère pas comme du boulot. Il y a des jours où forcément, ça me fait ch*** de devoir faire des réunions à deux heures du matin ou devoir passer plusieurs jours/semaines sans voir ma famille… Mais comparé à ce que certains font comme boulot, pas drôle du tout…

Vivre ici, dans cet environnement, proche de la nature, avec ma famille… Avoir la chance de faire les choses comme on en a envie, sans forcément prendre la voiture… Quand je suis ici, j’arrive à faire des semaines entières sans sortir du parc. Ça me permet d’appréhender les choses différemment. Ça m’inspire beaucoup !

Très intéressant de savoir qu’à notre époque ultra connectée et instantanée, un responsable marketing de ton niveau arrive à passer des semaines complètes dans un petit environnement comme le tiens…

C’est un rythme assez difficile à tenir, mais très important. Tu pars pour participer à des événements, dans différents pays. Tu rencontres beaucoup de monde, tu discutes énormément. Tu emmagasines, tu emmagasines… Mais si tu n’arrives jamais à prendre des temps de pose pour dire “ok, voilà, comment on fait” et que tu ne prends pas le temps de préparer la suite, ça se passe mal…

C’est un luxe que j’ai de pouvoir venir ici. Il y a zéro bruit, personne, pas une voiture qui passe. Il n’y a jamais personne qui va entrer dans mon bureau en me coupant, me disant “tiens faut qu’on voit ça tout de suite.” Je n’ai pas de coupure. Quand je fais quelque chose, je le fais à fond, et ensuite je passe à autre chose.

Le matin, je me lève et j’écris. J’écris beaucoup ! Je travaille encore à l’ancienne. Je mets tout sur papier. Mes idées, mes notes…. C’est très important de prendre ces temps là…

Après, si je restais en permanence dans mon bureau, ça ne marcherait pas. T’as besoin d’aller voir ce qui se passe sur le terrain. Je ne pourrais pas développer la marque et avoir une vision à l’international en restant dans le parc du Pilat ! (Rires) Mais revenir ici, et me poser, c’est important, très structurant.

 

Ton dernier projet achevé avec succès ?

(Silence…) Ça va sortir en septembre avec SixSixOne, à Eurobike. On a beaucoup travaillé à la réorganisation et le développement de la marque pour les prochaines années. SixSixOne est passée par plusieurs phases. Il y avait pas mal de chose à remettre en place.

Le projet, c’est d’avoir tout le monde qui adhère, aille dans la même direction pour le développement de la marque dans les années à venir. Prendre une décision. Dire comment on va faire les choses. Y aller. C’est pas évident quand tu as plusieurs personnes et une marque assez connue.

C’est un beau projet. Il doit se concrétiser au niveau commercial maintenant… Mais avoir tout le monde, bien calé, dans les temps, pour avancer et être content de bosser, j’en suis déjà très content !

Le prochain que tu vas entamer ?

Côté boulot, on est bien calé sur trois ans. Le plan est prêt. Maintenant, c’est plutôt une mise en place et un suivi pour que ça fonctionne.

Le projet est plus au niveau personnel. On envisage, ou pas, de déménager en Californie. On va voir. Le premier projet était d’y passer quelque temps pour voir si ça nous plait ou pas. On y est. Après, ce sera soit on bouge là-bas, soit on reste en France… Et dans les deux cas, on a des idées…

Où et quand va-t-on donc entendre à nouveau parler de toi ?

On a des projets bien spécifiques sur certains produits. On va voir ça à Eurobike et Interbike. J’espère qu’on entendra parler de nous. C’est le but !

Que peut-on te souhaiter ?

De continuer à évoluer dans ce milieu qui me plait et où je m’épanouie bien. Rien plus, rien de moins (rires)

C’est donc tout ce que l’on te souhaite ! Sur le bon rythme, quelque part entre le Parc du Pilat et la Californie 😉

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