L’enduriste du team Rocky Sports, Damien Saint-Patrice, nous raconte l’Enduro Jura by Julbo 2016 qui s’est déroulé le week-end passé dans des conditions pour le moins humides sur les traces de François Bailly-Maitre

Texte : Damien Saint-Patrice # Photos : Benjamin Becker/Damien Saint-Patrice

 

 

Perou (1 sur 13)

Après le Shimano Epic Enduro (lire le compte-rendu de Damien), l’Enduro Jura figurait en seconde position dans ma liste d’évènement à ne pas manquer en 2016. La vidéo de la première édition et le teaser 2016 nous montraient des chemins magnifiques au sein du Parc Régional du Haut Jura, une restauration à faire saliver et du soleil. Sur ce dernier point on y reviendra ! Pour espérer participer à cet événement en formule « all incluse » (hébergement et restauration comprise) il a fallu être rapide sur l’inscription car les 100 places ont été vendues en 2 jours seulement, malgré les 230€ de l’inscription requis.

Vendredi 10 juin, après 2h30 de route au départ de Grenoble sous le soleil me voilà arrivé au petit village « haut-jurassien » des Moussières. Les oriflammes BMC et ION partenaires de l’évènement tranchent dans cet environnement rural. A peine arrivé, l’organisation nous propose une bière blonde locale « La Turbine ». Les 6 fûts entassés derrière la tireuse annoncent la couleur. La plaque et le package de bienvenu comprenant notamment un masque Julbo et une bouteille de cette fameuse Turbine retirés, nous nous dirigeons vers le centre de vacances qui nous hébergera ce week-end.

Le repas est servi dans une grande salle commune où l’on retrouve les stars de l’enduro mondial. Jérôme Clementz, Damien Oton, Rémy Absalon, Thomas Lapeyrie, Florian Golay se mélangent à l’amateur en toute simplicité pour déguster une Morbiflette. Les conditions météorologiques défavorables sont le sujet de discussion principal du repas. La pluie est annoncée constante pour tout le week-end !

Effectivement, un déluge s’abat sur nous durant la nuit. L’inquiétude est palpable pour de nombreux coureurs peu habitués à ces conditions.

 

 

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Samedi 11

Après un rapide briefing de l’organisateur François Bailly-Maitre, nous partons pour 15 minutes de liaison vers la spéciale 1 « La Cheville, 1.9km et -281m de D- ». La pluie s’est calmée pour le moment.

Les premiers virages de cette première spéciale confirment nos craintes, ça glisse ! Le passage des concurrents fait ressortir les racines et les cailloux. Le calcaire jurassien n’a pas pour réputation d’être adhérent ; j’en ai la confirmation ! Cependant on s’adapte aux conditions et l’on se surprend à mettre les 2 pneus en glisse dans les appuis fraîchement travaillés avec plus ou moins de maîtrise pour un maximum de plaisir. Alors que l’on commence tout juste à prendre des repères on découvre la ligne d’arrivée avec regret. Damien Oton bouclera cette spéciale en 3 minutes 19s.

5 minutes nous conduisent au départ de la spéciale 2 « La Riote, 2.1km et -485m de D- ». Cette spéciale est superbe. Le départ est rapide avec de grandes traversées, un pédalage à plat nous amène ensuite vers un final tout en épingles serrées, domaine où mon Lapierre Zesty excelle. Le sourire est sur toutes les lèvres à l’arrivée. Les meilleurs mettront un peu plus de 5 minutes 30s.

Nous prenons la direction de Saint-Claude pour le ravitaillement. L’organisation prend soin de nous en nous proposant entre autres croissant, café, brioche, chocolat et d’excellents fromages locaux. C’est le ventre rempli que nous prenons place dans le bus en direction de Septmoncel pour le départ de la spéciale du Crêt Girod (2.7km et -352m de D-). La météo nous avait relativement épargnés pour le moment mais c’est sous la pluie que nous réalisons les 25 minutes de liaison en vélo. D’ailleurs elle ne nous quittera plus jusqu’au soir. Cette spéciale est pour moi le coup de cœur du samedi. Ce départ sur la crête, au milieu du brouillard et sous la pluie donne une ambiance haute-montagne malgré les 1000m d’altitude. Les virages s’enchaînent avec beaucoup de “flow” avant d’arriver dans un goulet transformé en torrent.

La spéciale 4 du « Crêt Pourri, 2,2km et 480m de D- spécialement créé pour l’événement est atteinte après 10 minutes de liaison. Malheureusement, le passage des premiers concurrents a suffi à transformer le chemin en véritable bourbier dans lequel il est presque impossible de tenir sur le vélo. C’est dommage car ce même chemin dans des conditions sèches devait être super ludique. Nous redescendons au ravitaillement où l’on apprend que la spéciale 5 du Mont Bayard est annulée à cause de sa dangerosité dans ces conditions difficiles. Nous nous dirigeons donc vers la dernière spéciale de ce samedi «le Chaffardon, 1,7km et 292m de D-» que nous atteignons après 25 minutes de pédalage/portage.

La terre est de nouveau argileuse comme dans la spéciale précédente, et cela n’augure rien de bon. Effectivement, tout comme la spéciale précédente, les passages des tous premiers concurrents ont lustré le chemin. C’est en survie totale que j’atteins le bas de la spéciale. Je n’ai malheureusement pas pris grand plaisir à rouler ce chemin qui dans d’autres conditions méritait le détour. Direction le bus qui nous remonte aux Moussières pour une douche propre et chaude cette fois-ci bien méritée.

Les vélos et les pilotes nettoyés nous nous retrouvons à la salle des fêtes pour l’”after ride”. La tireuse à bière est incontestablement la première star de la soirée et nous évacuons la pression de la journée par la pression dans le verre. L’ambiance est au beau fixe et le soleil tant attendu décide même de percer. Les partenaires de l’événement mettent des cadeaux en jeu dont un BMC Trailfox d’une valeur de 4000 euros pour le défi de skinny bike. L’objectif est de traversée un circuit sur poutre suspendue avec un vélo de 24 pouces en un temps record. Pour compliquer le tout, les participants doivent boire un shooter de Chartreuse avant de jouer les équilibristes. Les temps sont très serrés et la victoire est attribuée à Mélanie Pugin, bravo Madame !

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Le repas se déroule tout en visionnant les photos de la journée sur écran géant. Les plus belles chutes sont applaudies avec enthousiasme et le pilote photographié à plat dans la boue a remporté un casque intégral Kali ! La soirée se poursuit par un « one man show » mémorable de Christophe Paget alias « Président » rempli d’humour de haut vol sur la genèse du VTT.

 

 

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Dimanche 12

Après une courte nuit nous partons pour la liaison 7 identique à la 1 de la veille. La journée s’annonce peu physique car les remontées se réaliseront majoritairement en bus.

La spéciale 7 « L’intégrale Riote, 4,7km et 841m de D- » regroupe les spéciales 1 et 2 du samedi. Le ciel est voilé mais il ne pleut pas. Ces spéciales sont magnifiques et les enchaîner amplifie le plaisir. Nous remontons donc sur le plateau du haut Jura en bus pour la courte liaison qui nous emmène à la spéciale 8 « Sur les Grés, 5.2km et 864 de D- ». Cette spéciale comprend une zone neutralisée c’est-à-dire sans chrono en son milieu. Cela permet d’emprunter la section sur route sans risque. Cette spéciale est superbe. La partie supérieure est plutôt technique dans des dalles et des enchaînements de canyons. Changement de décors après la section neutralisée pour emprunter un chemin fraîchement ouvert pour l’événement dans les pierriers à flanc de montagne. C’est un régal.

Aux vues des conditions météo difficiles car la pluie est de nouveau présente, la dernière spéciale « La tendue, 7.4km et -1143m de D- » se courra en mode normale à la place du mode poursuite initialement prévu. Cette descente vaut à elle seule le déplacement. La partie supérieure est plutôt rapide en mono trace avec de la visibilité et sans piège. Puis une grande traversée assez physique nous emmène vers la seconde partie plus raide au milieu des sapins où l’on arrive à trouver des appuis. Les meilleurs la parcourront en moins de 12 minutes. Cette journée de Dimanche a été un grand cru.

Nous prenons rapidement le bus qui nous ramène aux Moussières. Après un dernier repas l’annonce des résultats est rapidement donnée. Sans surprise on retrouve les top pilotes aux avant-postes. Damien Oton remporte l’épreuve en 51 minutes 33, suivi de Jérôme Clementz à 5 secondes puis Rémy Absalon à 1 minutes 34s.

L’Enduro du Jura est-elle une épreuve à faire ? Si la pluie ne vous fait pas peur, alors oui assurément. L’organisation entourée des 70 bénévoles ont su nous montrer un Jura authentique et convivial où tout est mis en place pour passer un week-end inoubliable. Un grand merci à eux et à l’année prochaine.

Un grand merci au magasin Rocky Sports de l’Alpe d’Huez qui m’aide depuis plusieurs années ainsi que les partenaires du Team : Lapierre, Court’ea Credits, Mavic, ION, Smith Optics, Prism Offroader Packs, AVS Racing, Clearprotect, Itineride et Savoye.

Damien

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