Essai longue durée du Specialized Stumpjumper Evo 2011 : le Pass’ Montagne

Introduction

Depuis novembre dernier j’écume courses et événements au guidon du Specialized Stumpjumper FSR Expert Evo. Sept mois de roulage intensif pour décortiquer et vraiment découvrir sur la durée ce que la “pistache” à dans le ventre…

La suite de l’essai en page suivante !

Pas moins de sept mois de roulage intensif au guidon du Stumpy Evo

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Bodybuilding

Comme nous vous l’avions expliqué en septembre dernier, Specialized écoutant les retours et attentes de son bureau français a décidé pour le millésime 2011 de « doper aux hormones » la version Expert du Stumpjumper Alu. L’Evo, c’est son nom, est en aluminium M5, il possède une douille de direction conique et est articulé autour de la bien connue cinématique FSR. Grâce à une course d’amortisseur plus grande, ce vélo gagne 5 mm de débattement par rapport au Stump’ classique. Précurseur des évolutions Fox 2012, le RP23 de l’Evo est doté de trois positions en mode ouvert (3 étant la plus ferme) et d’une position Propedal qui verrouile la suspension. Pour accompagner les 145 mm arrière, Specialized a paré l’Evo d’une fourche Fox Float en 150 mm radicalisant ainsi l’angle de chasse à 67°. Privilège de la version Evo, Ce Stumpjumper dispose d’un support ISCG05 permettant le montage de série d’un système anti-déraillement.

L'Evo en statique

Pistache de série

C’est dans sa livrée Moss/Black, un original mélange de couleur pistache mat et touches de bleu que nous avons testé l’Evo. Une déco surprenante de prime-abord qui finie par se faire adopter et du coup depuis, je traîne le sympathique surnom de « pistache »… Durant ces sept mois de test, le Stump’ en aura vu de toutes les couleurs : sessions hirvenales dans la neige, Raid La Garoutade (70 km / 3000 mètres de D+), rallyes Enduro régionaux, MéTaBief Open Enduro, Transvésubienne… Bref un programme bien complet où la polyvalence est de mise.

Côté équipement, hormis la potence plus courte en 60 mm et quelques modifications perso très récentes pour cause de casse (selle Henge remplacée par une S’Manie MK Pro) ou de tests matos (cintre carbone Syncros AM, freins Magura MT8), l’Evo a affronté cet essai longue durée quasi de série. Seuls les pneus ont évolué en fonction des profils. Pour du All Mountain j’ai opté pour une monte en carcasse Grid tubeless Specialized Purgatory 2,2 à l’avant et The Captain 2,2 à l’arrière. Pour de la compétition plus engagée, c’est un Butcher SX 2,30 (ou l’ex Chunder SX) qui fait l’affaire à l’avant.

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    Action, réactions

    Dès que l’on enfourche l’Evo, on se sent vraiment à l’aise. Le tube supérieur assez long autorise une potence courte appréciable dans la pente. La géométrie bien pensée pour la polyvalence offre un bon compromis avec une très bonne maniabilité sans pour autant pénaliser la stabilité. En mode propedal enclenché, le vélo répond au quart de tour dès qu’il s’agit d’accélérer au pédalage. Dans les montées techniques, avec l’amorto en position ouverte « 3 », le Stump’ est un régal avec une motricité impressionnante. Avec des bases courtes et un vélo assez haut de l’avant (dû à sa fourche en 150 mm), attention lorsqu’il y a vraiment de la pente positive à bien se positionner sur le vélo afin ne pas cabrer.

    Lorsqu’il faut « débrancher », l’Evo est complètement dans son élément. L’alliance parfaite des suspensions invite à accélérer encore même si ça devient davantage défoncé. Sensibles et progressives, les suspensions à air Fox font merveille que ce soit dans la descente de la Madone d’Utelle, sur les pentes de Guéret ou sur les spéciales de l’Enduro des Châteaux à Citou.

     

    Géométrie agressive et poids contenu permettent à cet Evo de s’aligner aussi bien sur une Megavalanche que sur la Transvésubienne.

     

    Fiabilité

    Les freins Elixir CR se sont avérés irréprochables sur le terrain malgré un diamètre de disque arrière en 160 mm (en taille Medium) forcément moins endurant sur les longues descentes. Des bulles d’air peuvent apparaître néanmoins si vous couchez/retournez le vélo. Une purge de freins règle rapidement le problème. Le cintre Spe en 720 mm est réussi et parfaitement adapté tant en rando qu’en course. Le changement il y a peu pour un cintre carbone aura par ailleurs révélé que le guidon alu de série pêche un peu en terme de rigidité, le feeling est vraiment beaucoup plus précis avec un cintre composite.

    Les roues Roval Traversée offrent un bon compromis rigidité/durabilité/confort. Elles nécessitent tout de même une attention régulière de la tension des rayons sous peine d’endommager le cercle. La selle BG Henge, confortable, offre un bon dégagement vers l’arrière dans la pente. Elle cassera finalement suite à un OTB lors de l’Erec de Troyes. La Seatpost Command avec ses trois positions est un modèle d’efficacité. La position intermédiaire est très appréciable lorsqu’il s’agit de pédaler dans le technique et les parties sinueuses. Sur le dernier mois de test, elle a fini par failllir avec une goupille de la manette qui s’est fait la belle (un problème connu que le constructeur prend en charge via les magasins).

    Aucun soucis à déplorer du côté du fonctionnement des suspensions, elles marchent comme au premier jour. La fourche est sûrement un peu trop chargée en hydraulique de série et du fait on n’utilise que rarement le dernier centimètre de débattement. Au rayon fiabilité, la transmission Sram 2×10 vitesses aura été au top. Quasi aucun déréglage et aucune casse de chaîne à déplorer, c’est du solide le 10 vitesses ! Le tout bien protéger par le bash. Dernier détail, avec son boîtier bas-perché, le Stumpjumper nécessite de la finesse lorsqu’il s’agit de pédaler dans le technique. Bien conscient de ça, j’ai tout de même tapé à plusieurs reprises les manivelles Sram en carbone qui, comme vous pouvez vous en douter, n’aiment pas trop ça…

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    L'Evo est aussi à l'aise en montée qu'en descente

    L'Evo à l'EREC de Troyes

    L'Evo à la Transvésubienne

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    Le Stump' Evo, votre pass pour la montagne !

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    Conclusion

    Vous l’aurez compris, le Stump’ Evo fait parti de ces nouveaux vélos réellement polyvalents et fiables. Géométrie agressive et poids contenu permettent à cet Evo de s’aligner aussi bien sur une Megavalanche que sur la Transvésubienne. Seules votre technique et préparation physique pourraient freiner les ardeurs de ce vélo.

    Puisqu’on peut toujours faire mieux dans la quête de la polyvalence, on peut pourquoi pas espérer qu’un jour Specialized décline cette « bête » dans une version Evo en carbone plus haut de gamme proche des 11,5 kg…

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