Essai de l’Orbea Rallon X10

Texte : Greg Noce # Photos : Quentin Chevat

L’Enduro sauce Gaspacho

Présenté mi-2010, l’Orbea Rallon a été complètement revu. Disponible en cinq versions, c’est dans sa déclinaison bodybuildée haut de gamme X10 que nous l’avons essayé sur les sentiers de Métabief…

Un Rallon épicé

Les espagnols de chez Orbea proposent cinq déclinaisons du Rallon. Trois modèles composent la série « R » typée All Mountain tandis que deux versions bodybuildées « X » (pour Xtrem) se destinent à l’Enduro. Il existe par ailleurs une seule et unique plateforme de cadre en 150 mm identique à tous ces modèles. Seuls les périphériques évoluent selon l’usage et le tarif. Notre Rallon de test est un X10, c’est à dire la version endurisée la plus coûteuse (4 999 euros). Intéressons-nous de plus près au vélo… Le triangle avant en aluminium est composé de tubes hydroformés aux formes angulaires. Le tube supérieur hérite même d’une bosse façon Nomad (d’il y a quelques années). Il en résulte un cadre sloping et rigide à souhait bien aidé de la douille de direction conique.

Les bases arrières et haubans sont quant à eux assez « mastocs ». Idem pour les soudures qui mériteraient un peu plus d’esthétisme. Côté cinématique, Orbea a travaillé plusieurs années sur la simulation virtuelle des suspensions qu’ils nomment « Advanced Dynamics ». Le but recherché pour le Rallon étant de se rapprocher le plus possible de la linéarité d’un amortisseur à ressort mais avec un système pneumatique. Grâce à la biellette « Lambda Curve » alliée à un amortisseur Fox RP23 customisé, Orbea a obtenu une suspension sensible en début de course puis très linéaire sur 2/3 du débattement et pour terminer très progressive. On jugera de cela sur le terrain.

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    Parlons équipements : le X10 est au top ! Roues Mavic Crossmax SX, Freins Formula The One, pédalier Hammerschmidt, transmission XO, fourche Fox 36 Float RLC Fit, tige de selle télescopique Reverb… Que du bon et des références en Enduro. A noter que le constructeur propose un programme original de personnalisation « MyO » permettant de changer certains composants au moment de la commande. Ainsi nous aurions pu opter pour une tige de selle, des pneus ou des freins différents. En selle !

    Action !

    Lorsque l’on monte sur le vélo, la première « erreur » de taille qui saute aux yeux c’est la position du poste de pilotage et son guidon façon XC en 640 mm ! On est complètement hors-sujet au vu des autres composants et je me demande si en XC, le guidon n’est pas plus large… Pas d’altenative du côté du programme MyOrbea, bien dommage. Du coup, on trichera en décalant les poignées de deux bons centimètres de chaque côté pour pouvoir malgré tout « rider » décontracté. Deuxième petite erreur à mon goût, le boîtier de pédalier est trop haut-perché (360 mm). Avec une hauteur de selle optimale au pédalage, on parvient difficilement à poser les pieds par terre. Ces soucis, dirons-nous de jeunesse, évoqués, le vélo se révèle plutôt bien conçu. En effet en mode pédalage, le Rallon se comporte bien, la suspension ne « pompe » presque pas et la position avec un angle de tube de selle pas trop couché permet de bien transmettre la puissance sur les pédales. à ce sujet, remarquons qu’Orbea fournie une paire de pédales Crank Brothers Candy 3, pas radin c’est bien !

    En ascension, le Rallon X10 (et ses 14 kg passés) n’est pas un « foudre de guerre », un bon pédaleur qui on le sent bien a du potentiel dans un montage plus light. Dans cette version X10, les espagnols ont choisi le montage du Hammerschmidt, très typé « montagne ». Même si le pédalier n’a pas évolué cette année, il reste toujours très intéressant à utiliser. Petit bémol, en mode Over Drive (soit l’équivalent du 38 dents) on sent une résistance au pédalage un peu gênante (c’est un problème connu de rodage). Par contre pour le reste c’est diabolique d’efficacité ! Par les temps qui courent, l’option d’une transmission 2×10 vitesses typée AM (genre 24-38) aurait été appréciable et raisonnablement plus légère.

    Le vélo est très sain dès que la pente s’inverse, avec 67° d’angle de chasse dans cette version, on peut attaquer en toute quiétude. La suspension arrière, qui paraît ferme en statique sur les petits chocs, s’avère bien gérée une fois nos fesses posées sur la selle. Le Rallon est très confortable et facile à piloter, il ravira le plus grand nombre d’entre nous. Le modèle testé en taille M, demeure très maniable et facile à placer dans les enchaînements de virages et pif-paf des spéciales du MéTaBief Open Enduro. L’amortisseur et la fourche travaillent de concert, les suspensions sont très homogènes ce qui permet de garder l’assiette du vélo équilibrée et de très rapidement se lâcher sur tous les obstacles. Les composants choisis sont excellents aussi sur le terrain. Il n’y aura que les pneus qui m’auront fait défaut, car les Cougar, avec des tringles un peu trop souples ont tendance à vite s’affaisser en baissant la pression. Gare aux pertes de pression. Cet enduro, dans la version testé est fait pour la montagne, les terrains cassants et les singles escarpés. Il demeure un bon pédaleur mais sur terrains accidentés avant tout.

    Conclusion

    Le Rallon X10 est un vélo facile à appréhender et très confortable. Vous pourrez lui en faire voir de toutes les couleurs même dans les parties défoncées, le Rallon suivra. Il ne faut cependant pas lui demander « la lune » côté chrono, à 14 kg passé le X10 n’est pas un compétiteur né. Sa finition un peu grossière pourrait être améliorer à ce niveau de prix. Son cintre complètement hors-sujet est à changer immédiatement. On termine en disant un grand bravo à Orbea pour la garantie du cadre à vie, la plupart des composants au top et le programme de personnalisation MyO !

    Article lu 12 285 fois. Merci !