Essai du Santa Cruz Tallboy carbone 29 pouces

Texte : Greg Noce # Photos : Quentin Chevat

3’’ qui font la différence

On entend parler du 29 pouces depuis quelques années déjà en Amérique du Nord, en se disant : « encore un truc qui ne sert à rien, jamais je ne roulerai là dessus ! ». Et bien, oh surprise, le phénomène a traversé l’Atlantique et a contaminé quasi toutes les grandes marques actuelles. C’est lors du dernier Roc d’Azur, que nous avons pu subtiliser à « Dangerous Momo » de Race Co, son Santa Cruz Tallboy perso pour une prise en main dans les montagnes varoises.

On a testé le Tallboy sur les spéciales de l'Enduro du Roc

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Sauce All Mountain

Pourquoi un montage aussi engagé pour un 29 pouces de 100 mm ?

Notre Tallboy

Notre vélo de test a subi des petites modifications par rapport à celui de série, avec le montage d’une tige de selle télescopique KS, d’un pédalier XTR en double avec bash MRP et de pneus Michelin Racer plus gros que les Crossmark d’origine et plus propices à l’attaque.

Le châssis est en carbone, ce qui est assez exceptionnel pour un 29 pouces et adopte le V.P.P cher à la marque californienne. Les suspensions sont confiées à Fox, avec le RP23 gros volume derrière, la Float 32 RLC 29 100 mm devant et la transmission Shimano (XT /XTR) valide ce joli montage.

Dernier détail et non des moindre, le poste de pilotage avec un large cintre SB3 760, les leviers de freins décalés « one finger », la potence SB3 Flowy, me font déjà baver. On est d’ailleurs en droit de se poser la question: pourquoi un montage aussi engagé pour un 29 pouces de 100 mm ? La réponse nous viendra certainement en roulant (même si j’ai déjà ma petite idée…).

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    Action

    La prise en main se fait directement dans la difficulté, avec un terrain cassant, glissant, pentu et sournois, propre à l’arrière pays varois. Après quelques tours de « grandes » roues, on se rend vite compte qu’il va falloir vite oublier nos repères en 26 pouces. En effet le Tallboy nous donne la sensation de pédaler plus rond, avec plus de douceur.

    Pour l’amateur de montées techniques, que je suis, le vélo est parfait, il motrice de folie et sans à-coups, plus rien ne nous arrête (sauf peut être le mal aux jambes). Il faut juste accepter de ne pas trop pédaler par accélérations car ce n’est pas là son point fort.

    Le Tallboy impressionne par sa motricité

    J’appréhendais un peu la première descente, car malgré la position réglée pour, les 100 mm de débattement me laissaient perplexe. Le comportement du Tallboy est vraiment surprenant, le vélo est très sécurisant dans les parties rapides et défoncées et incroyablement stable pour son faible débattement. J’avais tendance au début à glisser un peu de l’avant dans les virages car je le pilotais comme mon 26.

    Action !

    En adaptant progressivement mon pilotage, j’arrivais à mettre plus d’angle, à moins tourner avec le guidon et à anticiper mes freinages. L’autre bon point du bike c’est dans les franchissements en descente, car avec le grand diamètre des roues il est quasi impossible de passer par devant.

    Conclusion

    Le Tallboy avec ses 100 mm de débattement et équipé de la sorte ouvre réellement de larges possibilités. Certes plus pataud dans les parties lentes, épingles serrées et moins nerveux qu’un 26 pouces, il refait son handicap par sa motricité, son côté « safe » et ravira aussi les moins techniques d’entre nous où ceux qui aiment rouler en montagne sur des terrains accidentés. Dans ce cas là, il reste encore du travail à effectuer sur les pneumatiques, car pour le moment on est très loin d’avoir le même choix qu’en 26 pouces et pour une pratique plus engagée il sera obligatoire d’avoir des carcasses renforcées et un plus grand choix de dessins et de gommes.

    Malgré ses 100 mm, le Tallboy s'avère un vrai All Mountain

    L’expérience aura été très enrichissante et je ne pense pas que le 29 pouces soit meilleur ou moins bien qu’un 26 mais juste différent. Dans cette version là, la montagne sera même le terrain de jeu de prédilection du Santa Cruz Tallboy et il faut poser ses fesses dessus pour comprendre pourquoi « Momo » ne peut plus s’en passer.

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